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Shoah Auschwitz Bergenbelsen

SHOAH
AUSCHWITZ
BERGENBELSEN
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Témoignages
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Bien que les Juifs d’Europe savaient ce qui était malheureusement arrivé à un certain nombre de leurs frères et ce qui les attendait s’ils étaient pris à leur tour, beaucoup d'entre eux ne changèrent pas leurs habitudes.

Dans beaucoup d'endroits dans les ghettos, on pouvait voir à travers les fenêtres des Juifs qui étudiaient en portant un Tallit (châle de prière) et des Tefillines (phylactères), qui priaient au cours des offices quotidiens avec un Minyane (dix hommes) au minimum.

À Varsovie, des groupes de jeunes qui étudiaient la Tora se cachaient dans différents bunkers qui se trouvaient dans le ghetto. Toute la journée, ils priaient et étudiaient la Tora sans se soucier du monde extérieur. Ce n'est que lorsque la nuit arrivait que certains d’entre eux osaient sortir de leur cachette pour chercher de la nourriture et tenter de subvenir à leurs besoins essentiels... 

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Des jeunes gens venus de presque tous les pays d’Europe se réunissaient dans un coin des baraquements de jeunes à Auschwitz pour assister aux offices quotidiens. L’un des participants raconte : ‘Le fait de prier ensemble et d’accomplir les Mitsvot nous rapprochait les uns des autres, même si nous étions tous différents par notre origine et notre milieu’. Il va sans dire que le fait d'observer les Mitsvot au sein d'un groupe uni avait partout le même effet.

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Malgré les conditions extrêmement dures qui sévissaient dans les camps de concentration, de nombreux Juifs parvinrent à accomplir la Mitsva d’étudier la Tora. Il n’y avait aucun livre du Talmud disponible dans les camps, mais certains Juifs connaissaient de grandes parties des Traités qu’ils avaient étudiés avant la guerre. Le Talmud prenait ainsi la forme d’une ‘Tora orale’, d’une manière et dans des circonstances qui n’avaient jamais été imaginées auparavant. La possibilité qui s'avéra la moins dangereuse pour étudier et enseigner cette ‘Tora orale’ se présentait sur le chemin entre les camps et le lieu de travail à l'extérieur, ainsi que sur le chemin du retour. 

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Le guetto de Varsovie en feu

Parmi les ruines du ghetto de Varsovie, un document a été trouvé caché dans une petite bouteille.
Il avait été écrit par un certain Yossel Rakover peu avant sa mort, alors que le ghetto était en flammes. Il est daté du 28 avril 1943. 

Ghetto

‘Moi, Yossel, fils de Yossel Rakover de Tarnopol, Ḥassid de Gour, descendant de saints et grands Tsaddikim... j’écris ces lignes à un moment où le ghetto de Varsovie est en flammes. La maison dans laquelle je me trouve est l’une des dernières que le feu n’a pas encore ravagée... Il ne faudra pas attendre longtemps avant que cette maison soit elle la proie des flammes et qu'elle devienne la tombe de ses défenseurs. Aux rayons du soleil d'un rouge flamboyant qui pénètrent par la petite fenêtre d’où nous tirons sur l’ennemi depuis des jours et des nuits, je peux voir que c’est maintenant le soir. Le crépuscule. À vrai dire, le soleil ne sait pas combien je suis malheureux de bientôt ne plus le voir…


Mon heure est venue. Je peux dire de moi, comme Job l’a fait un jour : « Je suis sorti nu du sein de ma mère et nu je retournerai...’. J’ai quarante ans. En regardant ma vie, je peux dire avec certitude – pour autant qu'un être humain puisse être sûr de lui-même –  que j’ai mené une vie honnête. Je n’ai pas manqué de succès, mais je n’en ai jamais été fier. Ma maison était ouverte aux nécessiteux. J’étais heureux lorsque je pouvais aider une autre personne. J’ai servi HACHEM avec ferveur et ma seule demande était qu’Il me permette de Le servir ‘de tout mon cœur, de toute mon Âme et de toutes mes forces’.


Je ne peux pas dire, après ce qui m'est arrivé, que mon attitude à l’égard de HACHEM n’a pas changé. Mais que je peux dire avec certitude, c’est que ma Emouna n’a pas changé d’un iota. Autrefois, quand tout allait bien, ma relation avec LUI était semblable à celle de quelqu’un qui prodiguait constamment Sa Bonté sur moi et je Lui en était toujours reconnaissant. Aujourd’hui, ma relation avec Lui est comme celle d’une personne qui me doit quelque chose...


HACHEM a caché Sa FACE vis-à-vis de son monde. Il a laissé Ses créatures à leurs vils instincts. Dans mon immense chagrin, je suis obligé de reconnaître que lorsque les instincts dominent le monde, il est normal que ceux en qui leur Nechama est encore vivante, ceux qui sont purs, soient les premiers sacrifiés. Ce n'est pas très réconfortant. Comme le destin de notre Peuple n’est pas guidé par des motifs terrestres mais par des Aspects dont l’origine est Spirituelle et Divine, celui qui a la Emouna doit voir dans ces événements un ‘Calcul’ Divin essentiel, vis-à-vis duquel les tragédies humaines sont de moindre importance. Cela ne signifie pas qu’un Juif pieux doive 'justifier le Jugement’ et dire que « HACHEM est Juste et Son Jugement est Juste » (d’après Psaumes 51, 4), et que nous avons mérité les coups que nous recevons. Affirmer cela reviendrait à enlever notre Dimension Sacrée et à profaner le NOM DIVIN...


Je suis fier d'être Juif, non pas pour contrarier le monde du fait de Sa relation avec nous... J’aurais honte d’appartenir à ces nations qui ont produit et nourri ce mal et qui sont responsables de tout ce qui nous est fait...


Je crois qu’être juif, c’est être un combattant, c’est nager à l’encontre du courant impur et coupable de l’humanité. Le Juif est un héros, un opprimé, un Saint. Vous, nos ennemis, dites que nous sommes mauvais. Mais nous sommes bien meilleurs et plus nobles que vous. J’aurais aimé voir à quoi vous ressembleriez si vous étiez dans notre situation.


Je suis heureux d’appartenir au Peuple le plus malheureux parmi les nations, dont la Tora est la quintessence de ce qu'il y a d’exalté et de plus beau dans toute loi et dans toute morale ; la Tora, qui est encore plus Sainte et plus triomphante maintenant qu’elle a été profanée, foulée aux pieds par les ennemis de HACHEM. J’ai confiance en HACHEM, le D.ieu d’Israël, même s’Il fait tout pour détruire ma confiance. J’ai confiance en Ses Lois, bien que je ne puisse pas justifier ce qu’Il fait... J’incline ma tête devant Sa Grandeur, mais je n’embrasserai pas le bâton avec lequel Il me frappe...


Je veux Te dire, HACHEM, clairement et franchement, qu’aujourd'hui plus qu’à tout autre moment de notre interminable martyre, nous, les opprimés, les étouffés, les enterrés vivants et les brûlés vivants, avons le droit de savoir quelles sont les limites de Ta Patience.


Je tiens aussi à Te dire : ne tire pas trop sur la corde de crainte qu’elle ne se rompe. L’épreuve que Tu nous imposes est si dure et si douloureuse que Tu dois pardonner aux Enfants de Ton peuple qui, dans leur malheur et leur colère, se sont détournés de Toi... Pardonne à ceux qui ont méprisé Ton Nom, qui sont allés vers d'autres voies et qui ont cru qu'ils pouvaient T'ignorer. Tu les as tellement frappés qu’ils ne croient plus que Tu es leur Père, qu’ils ont tous un même Père... Et si Tu n’es pas HACHEM, de qui es-tu le d.ieu ? Celui des assassins ?


Si ceux qui me haïssent et m’assassinent sont si funestes et si pervers, que suis-je, sinon quelqu’un qui porte profondément en lui un peu de Ta Lumière et de Ta Bonté ? 


Je ne peux pas Te louer pour tout ce que Tu laisses faire, mais je Te bénis et je Te loue pour ce que Tu es, pour Ton Infinie Grandeur qui semble si Puissante que tout ce qui se passe en ce moment dans le monde n’est rien à Tes yeux. Cependant, parce que Tu es si Grand et que je suis si petit, je Te demande, je Te préviens pour l’amour de Ton NOM : arrête de mettre en avant Ta Grandeur en tolérant ainsi le tourment des malheureux.


Je ne Te demande pas de punir les coupables. C’est la nature effrayante de ces événements qui fait que finalement les coupables souffriront d’eux-mêmes. Parce que dans notre mort meurt la conscience du monde. Un monde entier a été assassiné lorsqu’Il a assassiné le Peuple juif. Ce monde se consumera dans sa propre monstruosité, il se noiera dans son propre sang. 


La mort ne peut plus attendre. Je dois terminer. Depuis les étages au-dessus de moi, les tirs deviennent de plus en plus espacés. Les derniers défenseurs de notre abri sont en train de tomber. Avec eux tombe et périt la grande, la belle, la pieuse Varsovie, la Varsovie juive. Le soleil se couche et je remercie HACHEM de ne pas le voir se lever à nouveau... Bientôt, je serai avec ma femme et mes enfants, avec des millions d’autres membres de mon Peuple qui ont péri, dans un monde meilleur... sans aucun doute, où seul HACHEM règne.


Je meurs en paix, mais non satisfait ; battu, mais non désespéré ; confiant, mais pas suppliant ; aimant HACHEM, mais pas l’un de ceux qui disent aveuglément Amen à ce qu’Il fait. 


Je L’ai suivi, bien qu’Il m’ait repoussé ; j’ai accompli Ses Mitsvot, bien qu’Il m'ait fait souffrir pour cela ; je L’ai aimé et je L’aime encore, bien qu’Il m’ait fait tomber dans la poussière, qu’Il m’ait affligé jusqu’à la mort, humilié par la moquerie et la dérision...


Et voici mes derniers mots pour Toi, HACHEM , Toi Qui es en Colère : cela ne Te servira à rien ! Tu as tout fait pour que je me détourne de Toi, pour que je ne Te fasse pas confiance. Et pourtant, je meurs comme j’ai toujours vécu : avec une Emouna indéfectible en Toi. 
Qu’il soit toujours loué, le Maître des morts, le Maître de la Vengeance, le Maître de la Vérité et de la Justice, Qui fera encore briller Sa F
ACE sur le monde et Qui ébranlera ses fondations par la Puissance de Sa Voix... 


Chema’ Israël ! Écoute, Israël ! HACHEM est notre ELOKIM, HACHEM est UN !

Je confie mon Âme entre Tes Mains’.

Extraits du prochain livre

sur la Shoah de Rav Eliezer Berkovitz

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